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Guerre mondiale 2.0

 

Les cérémonies du 11 novembre 2018, commémorant le 100 ème anniversaire de la fin d’une guerre qui aura entraîné tant de nations dans un conflit mondial, nous permettent de nous rappeler, s’il en était besoin, combien aura été immense le sacrifice de nos aînés. Mais que reste-t-il du message transgénérationnel que nos glorieux combattants nous transmettent, au-delà des limbes de l’oubli qui les guettent ?

 

Le suprême don de soi de cette jeunesse française aura meurtri chaque famille dans un maelström sanglant dont les considérations politiques dépassaient bien souvent les peuples sacrifiés. Un siècle plus tard, l’attachement dogmatique de nos gouvernements à l’Europe technocratique de Bruxelles est censé être le garant séculaire de la paix sur notre vieux continent … C’est omettre que les anciens conflits ont muté.

Au fracas des bombes a succédé une guerre moins meurtrière mais plus pernicieuse. Le mondialisme ne se nourrit pas du sang coulant sur les champs de bataille, mais assujettit en une concurrence économique internationale et un joug consumériste déloyaux. Les armes ont laissé place aux accords commerciaux et aux directives européennes préjudiciables pour la plupart des pays de l’Union. Les décisions arbitraires et liberticides pour les peuples, le recours à la main d’œuvre des travailleurs détachés, les flux migratoires incontrôlés ont remplacé les invasions militaires. La comparaison est certes audacieuse, mais n’en est pas moins réelle et terrible sur le long terme. Il n’est plus question de sacrifier une génération sur les champs de bataille. L’ogre mondialiste a besoin de main d’œuvre bon marché et de consommateurs. Le prêt à penser et à consommer a remplacé avantageusement les conflits diplomatiques et politiques. Rien n’indique que cette guerre économique ne mènera pas à terme à d’autres révolutions ou conflits, liés à l’exaspération de peuples, lentement mais sûrement paupérisés. Armées laborieuses, victimes du chômage de masse, maintenues indécemment sous oxygène, avec suffisamment de pouvoir d’achat pour enrichir des groupes produisant dans les pays en voie de développement.

 

De ces tableaux Orwelliens, que penseraient nos jeunes poilus ? Avaient-ils imaginé combattre dans le froid, la boue, la peur du jour suivant qui ne viendrait pas, pour offrir à leurs descendants une France mondialisée, sans frontière, victime des migrations incontrôlées et du terrorisme islamique ?

Puissent nos glorieux héros, dormant dans la tourbe meurtrie, sous des croix anonymes en ce siècle écoulé, pardonner à leurs fils avant d’être oubliés.